01 juillet 2008

Conditions moyennes, photos moyennes

Je ne sais pas pour vous mais pour moi, ce petit dicton est on en peut plus vrai ! Rien ne vaut les extrêmes, beaucoup de vent, beaucoup de vagues, beaucoup de soleil, ou alors le calme plat, le miroir, le lac. L'entre deux, le moyen, ne m'inspire pas. Je ne suis pas le seul, le public attend l'exceptionnel, comme par exemple la photo du phare des Poulains de Plisson que l'on voit sur les murs dans le monde entier. Le week end dernier, par exemple, je devais faire des images d'une régate de catamarans. Les prévisions n'annonçaient rien de bien dingue, elles se sont vérifiées. Vent faiblard entre 5 et 10 nds, clapot, temps nuageux. En résumé des conditions très moyennes et dans cette situation, comme chaque année, mon objectif était de pondre deux photos de chacun des trois premiers équipages en vue de réaliser des tirages dont je n'aurais pas trop honte lors de la remise des prix ... La pression était de mon coté , le résultat fut, moyen !
L'an dernier (voir le post ici), nous avions assisté à une journée d'exception avec des rafales à pratiquement 30 noeuds, les gars choisissaient le bon moment entre les rafales de vent pour abattre (descendre le vent) vers la bouée, cherchaient les zones les moins ventées du plan d'eau pour empanner. Suivre les catamarans avec ce vent et la mer qui va avec est un sport à part entière, pas mal de courbature dans les avants bras le lendemain. Comme après un bon squash, on découvre des muscles jusqu'alors inconnus ! Il fallait assurer de bonnes photos et garder son matos sain et sauf. Cette année, rien de tout ça ! Pas de panique sur le bateau, c'était glandouille en attendant que les bateaux arrivent à la bouée ? Notre pilote nous disait (au caméraman et à moi même) "ça va, il est cool votre métier, tranquille !". C'est vrai que c'est pas facile tous les jours !
Pas de bol Paul pour cette éditions 2008, on fera mieux l'an prochain, espérons le !
Image : Collés dans la pétole, les vainqueurs de l'éditions 2008, Yvan Bourgnon & Djamina Houdet, au passage d'une marque de parcourt à l'entrée du chenal de Saint Malo

25 juin 2008

Photographes surfers ou surfers photographes ?

Beaucoup de photographes de surf sont également des surfers. Pete Frieden suit le tour pro toute l'année avec sa grosse house de planches, Aichner était (il l'est sans doute encore) un bodyboarder chevronné, Chang, etc etc ... On est pas là pour faire un listing, ils surfent pratiquement tous !
Regardez maintenant cette photo publiée en couverture de Surfing Magazine daté de mars 2008. Je sais elle date un peu mais je viens de relire le mag il y a quelques heures. Si on ne fait pas gaffe, la photo ressemble à une image bien engagée d'un photographe bien engagé. Si on y regarde de plus près, on remarque que l'on ne voit en premier plan l'épaule, puis la tête de Ken "Skindog" Collins, qu'ensuite, la photo semble être prise de l'intérieur du tube et non depuis la paroi du tube. Le truc, car il y en a un, c'est que c'est le surfer lui même qui a shooté la photo. Il tient dans sa main levé derrière lui un caisson de plusieurs kilo , il se cale dans un gros tube et shoote, tout simplement...
Coté tube, vous avez sans doute déjà eu ce type de vision (en bien moins large pour moi) mais de là à se faire un take off les doigts de pieds agrippés à la wax dans un Puerto Escondido de 8 pieds, voir le mur lever, mettre en position le caisson dans la main avec le bon angle, garder l'équilibre, viser et shooter, il y a un monde. Je jette l'éponge au stade du take off, voir au stade de la mise à l'eau car 8 pieds du vainqueur du Billabong XXL Challenge 2007, ça doit pas faire 2m40 comme on les imagine.
Dans le magazine le gars (Skindog) raconte que l'idée lui est venu en discutant avec ses potes de Santa Cruz : "imagine choper une vague à Maverick avec un caisson étanche, la photo que tu pourrais ramener !". Quelques mois plus tard, il gagne le XXL challenge, tout le monde lui demande "alors comment c'était dans ce tube énorme ?". Là dessus, le mec dit à son sponsor qui veut le féliciter pour cette victoire : "achetez moi le top du top en appareil photo et en caisson étanche que je vous montre à quoi ça ressemble là dedans...". Banco, quelques temps plus tard, quatre planches défoncées, deux façades ruinées, le gars nous ramène ces images issus des premiers essais (la couverture du mag) ... Il reconnaît tout de même que c'est loin d'être facile "when I'm pulling in with that thing (15 pounds of bolts and fiberglass), it's not like I'm just admiring the view !". Quand il finit par tomber, il dit (approximativement) "je chope le caisson dans les bras et le serre sur la poitrine afin qu'il ne valdingue pas dans tous les sens. Un coup de ce truc sur la tête et tu es mort." Son compagnon d'aventure, Dave Wassel, avoue de son coté "it's the most dangerous thing I've done in my life." Comme pour les cascades de JackAss, n'essayez pas ça chez vous, ces gars sont des pro. Y sont forts ces ricains quand même, non ?
A Tahiti, Mc Kenna et l'équipe de riders Billa a également tenté le coup pour le poster de l'édition 2008 du 'CT local. Ils ont appelé ça la Teahupoo PokerCam. Vous pouvez mater quelques images ici. Les surfers étaient tirés par un jet, donc pas de take-off, mais c'était sur du reef et lors d'une houle de 10-12 pieds à Teahupoo. Chauds chauds les marrons.

21 juin 2008

Les moustiques ...

Comme souvent, ce petit post m'a été inspiré par ma revue de presse quotidienne. Amis surfers et photographes, lorsque vous êtes à l'eau, je suis certain que beaucoup ont déjà pensé à ce qui se cachait sous cette masse sombre et dense. Tout plein de bêtes bizarres et menaçantes, n'en doutez pas. Comme toute une très large génération, beaucoup ont été marqués par le premier blockbuster ricain, les "Dents de la Mer" de Steven Spielsberg (1975). L'aileron d'un requin est devenu synonyme de danger mortel pour le baigneur, plongeur... On a peur de ce que l'on ne connaît pas et on nous fait une petite piqûre de rappel de temps en temps avec un bon navet à la TV ou une news du journal sur une attaque quelque part dans le monde. Il m'est arrivé, comme a pratiquement chacun d'entre vous j'en suis sûr, quelques expériences (souvent fort ridicules ou frisant l'inavouables) dans le domaine.

Dans la digne lignée du "c'est pas la petite bête qui va manger la grosse ! ", il est clair qu'un film genre" La Vengeance du Moustique" ferait moins frémir que notre requin géant de "Jaws". Pourtant, savez vous que cette minuscule bestiole, en transmettant le palud (malaria), tue une personne toutes les 30 secondes ... On ne compte pas les autres maladies aussi potentiellement mortelles comme la fièvre jaune, la dengue et j'en passe. C'est vrai que ce n'est pas sanguinolent ou violent une attaque de moustique, c'est pas bon pour la télé, la femelle qui transmet le palud ne fait même pas de bruit (bzzzz, bzzzz, bzzzzz). Coté photo, regardez l'un des derniers numéro de VSD par exemple, on y voit une double page avec une jeune surfeuse qui s'est fait bouffer le bras et qui retourne à l'eau. Image forte, courage de la jeune fille, on a un truc à raconter qui va captiver le lecteur, le toucher. Dans les chaumière on a peur, on se dit, "faut les tuer tous ces requins", ou encore "va falloir trouver un camping avec piscine pour les gamins cet été en Vendée". Essayer de faire la même avec le moustique, il a même pas de dents ce blaireau! Statistiquement, le moustique est pourtant des milliers de fois plus dangereux que le requin ...

Partir en trip sous les tropiques, ça fait rêver tout le monde et les photographes les premiers. Mais, comme pour un tatouage tribal sur le biceps, même si ça fait baroudeur de revenir avec un petit palud, sachez que vous ne vous en débarrasserez pas facilement de la bestiole, avec en bonus quelques bonnes poussées de fièvre à vous faire regretter de pas avoir acheté un moustiquaire à 15€. Regardez les cartes ci-dessus (palud à g., denfue à d.), certaines des meilleures zones de surf sont touchées, Indo, Amérique Centrale... ! A ce propos, je me souviens d'un trip lu dans Surfer mag où Mark Richards, l'un des grands noms du surf OZ, partait pour la première fois en boat trip aux Mentawais. Les autrs riders racontaient que le gars flippait comme un dingue et se foutaient de sa gueule. Pour lui, il n'était pas question de mettre un pied sur la terre ferme, pas question de passer une seconde sans moustiquaire dès le couché de soleil, manches longues, chaussettes, pantalon dans la chaleur moite des tropiques ...
Tout ce long blabla pour dire que des chercheurs ont trouvé de nouvelles molécules bien plus efficaces que le DEET utilisé actuellement pour repousser les moustiques (voir article du Figaro ici). Donc d'ici 5 à 6 ans, on pourrait avoir un nouvel Insect Ecran ou un 5 sur 5 plus efficace pour glander sur la plage sous les sunlights des tropiques. Vous pouvez écouter quelques podcasts informatifs sur le paludisme en suivant ce lien


Crédits photos - image 1 (© Universal Studio 1975) - image 2 (©US Fed. Gov.) - image 3 (crédit non précisé par le journal mais j'aimerais pas être la main de droite !)

Promis, je retourne à des sujets photographico-surfistique très bientôt.

13 juin 2008

Banques d'images et microstocks - Act II

NOTE : la vidéo a été retirée de Daily Motion (droits d'auteurs ?), ce petit post a donc perdu son support. Néanmoins, le sujet mérite que l'on s'y interesse.

Je viens de mater cette petite vidéo d'un reportage intitulée "les Forçats du Cybermonde" de Jeudi Investigation (Canal +) diffusée sur Daily Motion. J'ai pioché la news sur Mac&Photo, et puisque l'on parlait de ce sujet il y a peu de temps (voir le post Banques d'images et microstock ci dessous.), je vous conseille vivement de la mater, histoire de frissonner un peu et surtout vous dissuader (et dissuader vos potes) de sombrer là dedans.

Je vous conseille vivement la seconde partie dont le début concerne encore les photographes. Un petit extrait de ce que raconte le bosse de la boîte pour expliquer son taf "Les photographes jouent sur le volume, c'est à dire qu'ils ne vendent plus une photo par mois à 500 €, ils vendent 1000 photos par mois à 2€, ce qui leur fait beaucoup plus d'argent ... ". Un simple calcul avec les chiffres donnés dans le reportage prouve le contraire.

80 000 photographes ont déposé leurs images.
10 000 à 20 000 photos vendues chaque jour. Prenons la moyenne, 15 000 / j
Petit calcul 15000 x 365 / 80 000 = 68 images par an et par photographe.
Lorsque le site vend une image 2 €, 1 € revient au photographe donc, en moyenne, ça fait 68 €/an et par photographe. Bien entendu, comme pour le salaire moyen des français, une poignée gagne beaucoup plus (ceux que l'on cite en exemple), l'immense majorité, un peu moins, selon le volume d'images en ligne.
Petit rappel, 68 €, c'est le prix d'1/4 de page publié dans un petit magazine pour 1 photo utilisée 1 fois !
Pour info, le site a fait 5 millions de C.A. l'an dernier, merci les photographes ! Et on presse les citrons, et on presse...

On passe chez les ricains et un petit sujet que j'avais lu sur le blog d'un photographe de Miami à propos de la loi qui pourrait passer prochainement là bas, le "Orphan Works Act".
En gros, et pour caricaturer un peu. Tout oeuvre dont on ne trouve pas l'auteur facilement pourrait être utilisée pour tout et n'importe quoi sans rien reverser à l'auteur, puisqu'on sait pas qui c'est ! Et oui, pas con ça, c'est l'industrie de l'édition qui fait du lobbying pour que ça passe et on comprend pourquoi ! Car là, c'est n'est pas les 1 € du site cité dans le reportage, c'est 0 € ...
Grâce à sa forte audience, le site Mac&Photo (encore lui !) a reçu pas mal d'info sur ce projet de loi et a permis la diffusion d'explications en français et en anglais... Foncez voir !

12 juin 2008

Tout nouveau tout chaud - Les dernières publications

Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Je viens de recevoir le .pdf du Trip Windsurf aux Canaries publié dans le mag allemand Surf. Ils ont fait 10 pages dessus, ça fait du bien de voir que le travail fait à la sueur de son front a bien plu. D'ailleurs ce que j'apprécie dans ce mag, c'est qu'ils font la part belle aux ambiances. Par exemple, ils publient la première double page et la page suivante avec des photos plein format sans action. Un bon sunset sur le volcan et un 4x4 dans la boue, ça vaut bien un gros off the lip qui pourrait être fait sur n'importe quelle vague du monde. Ca me rappelle un vieux Transworld Surf, il y avait plusieurs trips en Amérique Centrale dans le mag mais entre les gros moves cadrés au 600mm, les barrels shootés dans le tube et des portraits de pro ricains faisant les débiles, on ne voyait pas un morceaux de palmier... Ce trip est aussi sorti dans Planchemag en mars ou avril mais je n'ai pas scanné les pages du mag, donc vous ne verrez rien ici !


Photographe de surf, detroit de Gibraltar, couverture magazine Kristen Pelou
La couverture suivante est aussi issue d'une photo prise en marge d'un trip mais dans le sud Espagne cette fois. Il s'agit du Détroit de Gibraltar, symbole fort du clivage entre l'Europe et l'Afrique. L'image a été choisie par l'Association France Terre d'Asile pour faire la couverture de leur revue semestrielle. Depuis Tarifa, on voit les petites lumières sur la côte marocaine, certains mecs naviguent jusque de l'autre coté du détroit en planche à voile. Lorsque l'on va sur place, on se rend compte de cette proximité, de ce qu'elle peut représenter dans les yeux d'un gamin marocain. Aujourd'hui, le passage par le détroit est pratiquement impossible, trop contrôlé, les candidats à la migrations embarquent donc à 50 dans une pirogue de pêcheur à Saint Louis du Sénégal, direction (dans leurs rêves) les Canaries. Et hop, je retombe sur mes pattes, on rejoint le premier trip !

11 juin 2008

Book 2008

J'ai trié des photos, je le disais dans le post précédent, j'en ai ainsi sélectionné une petite série pour faire mon book qui présente, de façon pertinente je l'espère, les différentes facettes de mon travail. Etant donné que le but d'un book c'est de le montrer, les commentaires sont les bienvenus. Un fichier .pdf est téléchargeable ici.

Attention Génie !..

En se baladant sur le web, on découvre de bien jolies choses mais aussi de bien tristes. Dernièrement, j'étais tombé sur le site d'un mec qui avait pompé intégralement un article sur le surf en Bretagne présenté sur mon site sans référence à l'auteur (moi), bien entendu ... Le mois dernier, j'ai vu qu'un mec utilisait mon ancien logo, ma silhouette découpée tenant un appareil photo, pour son site de poème. Aujourd'hui, je tombe sur le pompom, un mec qui me pompe entièrement le "design" (hautement recherché, je l'avoue) de mon site. On pourrait se dire, il s'est inspiré, il a chopé 2-3 idées comme je l'ai fait moi même (j'ai pas non plus inventé l'eau chaude). Ici, il a tout pris, jusqu'aux pages présentant ses photos et les petites flèches. Moi qui pensait que le but lorsque l'on faisait des photos c'est de pondre des trucs originaux, de mettre un peu de sa personnalité dans son travail. "Attention Cyprien, tu vas droit dans le mur là !"
Je le prends du bon coté, flatté que mon bon site basique en html puisse séduire :-)

Mais passons à des choses plus heureuses.
Puisqu'aujourd'hui, le surf en Bretagne est devenu un incontournable du surf français, je signale, à ceux qui l'ignore encore, la sortie d'une vidéo sur le surf dans cette magnigique région, Barr Avel. Un confrère photographe, Ronan Gladu, a passé son hiver dans sa voiture (qu'il a flinguée au passage) et sur les spots de surf caméra au point afin d'immortaliser les meilleures sessions, et vous savez qu'il y en a eu, pour nous pondre une petite vidéo 100% local boyz. Elle sortira en août 2008 dans le mag Surf Session. En attendant, voici le teaser, de fort bonne facture, pour nous faire patienter ou nous mettre l'eau à la bouche, au choix.

L'hiver est fini, les vagues se sont évaporée. Ronan a terminé sa vidéo, il s'en fout mais moi, j'ai plein de sujets en cours sur le surfing. Pas de vagues mais il faut bien s'occuper alors je trie des photos encore et encore. Après les articles de trips mis en ligne ces dernières semaines, je viens de terminer une petite galerie photos sur un petit trip fait en Californie en novembre 2007. Pas de texte, juste des tofs orientées "Urbain". Vous pouvez les voir ici : photos de Californie.

04 juin 2008

Surf trip au Sri Lanka avec Elise Garrigue

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C'est en charmante compagnie que nous sommes partis au Sri Lanka pour le 3èm opus des guides WaveTrotter, Elise Garrigue. On aurait pu trouver pire mais on a pas voulu ! Un an après le terrible raz de marée, remarquons d'ailleurs que l'on dit tsunami et non raz de marée depuis, nous sommes allés jeter un oeil le long de la côte sud, pour trouver des spot et surfer bien entendu mais aussi prendre le temps de rencontrer les Sri Lankais. Premier constat, un an après, beaucoup de personnes vivent encore sous la tente. La Côte ouest, pourtant protégée, a subit de plein fouet le tsunami. Trains renversés, rails arrachés, maisons en ruine, bateaux de pêche posés dans les champs, vraiment impressionnant. Par la suite, nous avons discuté avec des personnes qui ont vécu la tragédie sur cette même côte protégée. Eux ont eu la chance de s'en sortir mais étant donné les dégâts, on ne peut imaginer la violence du phénomène sur la côte exposée.
Coté technique, c'est le dernier trip que j'ai fait en mixant argentique et numérique, je suis depuis 100% numérique mais des dizaines de films continuent à remplir les compartiment beurre de mon frigo, va falloir que je pense à virer tout ça un jour, je suis sûr que je ne suis pas seul dans ce cas, rassurez moi ! Bref, à l'époque, je n'arrivais pas encore à retrouver la "qualité", la chromie, de l'argentique dans le numérique. En diapo, j'utilisais les Velvia 50 ou les Kodak E100VS (pour Very Saturated!!). Je ne voulais pas que mes reportages sortent dans la presse avec ces images un peu transparentes et fades que l'on voyait à l'époque. En un clin d'oeil on pouvait dire, ça c'est du numérique, ça c'est du film... Donc je shootais en argentique les images de surf, celles susceptibles de faire des visuels, laissant le numérique pour les photos de rue, les ambiances, les lumières moyennes etc. Autre point qui me freinait dans l'usage du numérique, c'était le petit capteur qui transformait mon fish eye 15mm en un grand angle classique et mon 600mm en télescope... Vous pourrez sans doute, en matant les images de ce trip, voir celles shootées en 100VS et celles en numérique.
Photographe de surf, photo de surf au Sri Lanka, Kristen PelouPhotographe de surf, photo de surf au Sri Lanka, Kristen PelouPhotographe de surf, photo de surf au Sri Lanka, Kristen Pelou
Cette balade de 3 semaines au Sri Lanka fût une très belle découverte pour moi, "un beau voyage" comme dirait un pote de travail. Elise est une super surfeuse, elle était toujours très positive et motivée pour surfer et découvrir ce pays magnifique. Vous pouvez lire le trip comme il a été publié dans le magazine Girl Power en suivant ce lien : Surf trip au Sri Lanka avec Elise Garrigue.


Surfing - Sri Lanka - Images by Kristen Pelou


Liens auxquels ce post fait référence : photos du Sri Lanka (stock), photos de surf au Sri Lanka (stock), voyage au Sri Lanka (galeries photos), trip au Sri Lanka (reportage texte et photos)

29 mai 2008

Plus de Tornado aux J.O

Alors que les équipages de l'Americas Cup s'entraînent sur des catamarans tout carbone, le Extreme 40', les grands visionnaires de l'olympisme ont décidé l'abandon du support multicoques, à savoir le Tornado, pour les J.O de Londres en 2012. Ils ont sans doute leurs raisons comme par exemple, la Tamise n'est pas assez large pour faire évoluer ces engins, autre point négatif, c'est un coup à se faire mal ce truc à deux coques, on s'assoit où d'ailleurs ? ou encore, quoi, on ne peut pas naviguer en blazer sur un Tornado... Que des arguments chocs, du solide, du lourd.
Je ne connais pas les raisons réelles mais il me semble que le monde du yachting n'a jamais trop aimé le multicoque, trop "beauf", pas assez technique, pas assez polo col remonté et petit pull sur les épaules ?

Je n'aime pas plus le Tornado que ça, je préfère les cata plus abordables (techniquement et financièrement), et c'est vrai que le design de l'animal n'est plus tout jeune (fin des années 1960 je crois) mais est-ce un argument quand on voit les bateaux qui restent ? Le Tornado a su évoluer et on peut naviguer avec un foc latté, des doubles trapèzes et le spi asymétrique aux allures portantes (depuis 1996). D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez déjà navigué en cata par 20-25nds au portant, l'oeil rivé sur l'étrave en faisant en sorte qu'elle ne plante pas (je conseille le hobie16 pour le coté catapulte), on vole au dessus de l'eau, ça fume de partout, le shoot d'adrénaline pure garantie... Il y a quelques vidéos sur YouTube comme ci dessous avec un Tornado mais comme en surf, entre mater une vidéo moyenne et être sur le bateau, il y a un monde... Ici, nos gaillards (les australiens Darren Bundock et John Forbe ?) s'en sortent plutôt bien, je m'attendais à pire vu les rafales qui passent !



Voici donc la liste des bateaux olympiques (Pékin), attention ça déménage : le Star, le Finn, le Yngling, le Laser Radial, Laser Standard, le 49er, la RSX (windsurf) et la bête de course, le 470... Mis à part les lasers ou le 49er (marrants, techniques mais beaucoup plus lents que le Tornado) et le support planche (s'il y a du vent uniquement), c'est du 100% festif, du spectaculaire qui va en scotcher plus d'un (en décodé, du chiant à mourir). Vous étonnez pas si la voile ne fais pas de temps d'antenne après ça !

24 mai 2008

Acheter du matos aux US

Vous l'avez sans doute remarqué, j'ai mis depuis quelques jours des bannières de pub du shop new-yorkais B&H photo video. Avec un dollar aussi bas, je matte et achète pas mal de matos chez eux. En fait, même lorsque le $ était plus fort, cela valait déjà le coup pour certains articles.
Moi j'aime bien car ils sont très pro, ont une quantité de matos incroyable, des objectifs, des boîtiers, des sacs, trépieds, flashes studio ... En fait, ils ont en stock pratiquement tout ce dont je pourrais avoir besoin pour mon boulot depuis qu'ils ont référencé les caissons Aquatech. Je me suis fait une liste du matos intéressant (une wish-list) et si le besoin se confirme, je l'achète après, bien sur, avoir vérifier la pertinence de l'acheter à l'étranger.
Car c'est vrai que ça biche de dire qu'on achète ses objectifs à NY mais ce n'est pas forcément intéressant pour tout. Alors puisque l'on me l'a demandé récemment, je vais vous expliquer comment cela se passe lorsque l'on passe commande car il y a de bonnes affaires à réaliser sur du matos photo mais il y a quelques détails auxquels il faut faire attention.

Premier point à signaler, aux Amériques, les prix affichés sont hors taxes alors qu'en France, ils le sont TTC. Donc pour comparer ce qui est comparable, une fois la conversion effectuée en €, pensez à ajouter 19,6 % au prix US.
Il faut ensuite ajouter le prix du port et enfin les droits de douanes pour l'importation du matos en France. Pour les derniers objectifs achetés, les droits de douanes s'élevaient à 6% du montant + 13€ de charges additionnelles s/dédouanement + quelques centimes pour d'autres taxes.

Donc, pour prendre un cas concret, je veux acheter un objectif Canon 100-400 USM IS, un gros sac photo de reportage Lowepro et une carte mémoire Kingston de 8Go.

Objectif : 1360 $ soit env. 1076 € TTC (900 € HT)
Sac : 129,95 $ soit env. 104 € TTC (87 € HT)
Carte : 88,50 $ soit env. 70 € HT (59 € HT)

On additionne le tout : 1250 € TTC, on y ajoute le port UPS livraison 3 à 5 jours : 56 € (83,8 $)
On rajoute la douane (6% soit 78 €) et les frais du dédouanement (géré par UPS) de 13 € et on obtient un total de 1341 € TTC. Notons qu'un pro récupère cette avance de TVA ainsi que les droits de douane et qu'il peut passer le matériel en frais, contrairement à du matos ramené en douce et donc non dédouané.

Certains passent plus de temps à chercher le prix le moins cher qu'à acheter et faire des photos. Ceux là trouveront certainement moins cher ailleurs. Pour moi et d'après mon expérience, je peux vous dire c'est qu'à ce prix là, on est livré en temps et en heure avec une garantie internationale pour l'objectif, le service de suivi de colis UPS permet de savoir ou se trouve le matos et quand on va être livré. Il n'y a pas de "oui, on vous a dit que le colis était parti il y a 15 jours mais en fait on l'a plus en stock, on sait pas quand on le recevra mais en attendant, on encaisse l'argent ..." trop souvent entendu.

Je préfère acheter en magasin car on a toujours le rapport humain et le touché du matos, les conseils et quand on est bon client, le prêt occasionnel de matériel, mais quand la différence de prix est trop énorme, je n'hésite pas une seconde.

notes
- j'ai pris un taux de change de 1€ pour 1,5 $, inférieur au taux actuel, voir le taux de change du jour ici.
- j'ai calculé les droits de douane sur la valeur du colis + frais de port, je crois que c'est comme cela que c'est calculé, plus d'infos sur le site des douanes

16 mai 2008

Les dessous d'un trip Part I : Les Açores

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Lorsque l'on raconte une histoire, un trip, on est pas obligé de toujours raconter la vérité, on romance souvent pour rendre l'aventure plus intéressante à lire, pour faire en sorte de sortir du traditionnel report chiant "on est allé sur cette île, y'avait des vagues de fous, on était contents alors on a bu des bières..." . Ca c'était pour le texte. Coté images sans lesquelles un bon mag de glisse serait invendable, ici aussi on peut tricher et les lecteurs assidus ou pointilleux l'auront sans doute déjà remarqué. Certains articles sont ficelés en une heure. Un rayon de soleil, trois vagues sous des angles différents, un off the lip, les riders qui rigolent en sortant de l'eau et le tour est joué. On a sauvé les meubles et dans le mag, les lecteurs n'y verront que du feu. Ils ne sauront rien des trois semaines de flat que l'on a du subir pour scorer ce mini mini minimum syndical, que le super line-up qui fait la double page d'ouverture a été shooté avec une série sortie de nul part, j'en passe et des meilleures.

Aux Açores, nous étions partis pour un mois (février) faire un trip en planche "commandé" * par le magazine Wind. Il y avait deux potes de Bretagne, Fred Jezequel et Hervé Leroux ainsi que le sieur Yann Sune. Une bonne équipe, une destination sympa au milieu de l'Atlantique (= vagues à gogo), que du bon pour scorer un reportage de dingues. Vous vous en doutez, la réalité fût toute autre.
La réalité c'est qu'on a réellement failli devenir fous sur cette île, de la flotte tous les jours, on pourrait même dire, les quatre saisons dans la journée. Le surf quotidien nous permettait de relâcher la pression mais coté vent, pas un souffle, rien, nada, avant pratiquement la troisième semaine. Alors dans ces conditions, on a beau avoir un mag prêt à publier nos images, encore faut-il lui ramener des images pour au moins compenser les frais. Pression, pression... Donc quand je vous disais en intro qu'on peut sauver un trip en 1 heures, nous avons sauvé celui ci, et nous par la même occasion, en quelques jours de bon vent et aussi plusieurs centaines de kilomètres en Xsara Picasso (je vous raconte pas la gueule du toit du bolide à l'arrivée)...

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Malgré nos très nombreuses péripéties, ce voyage reste un excellent souvenir pour moi. J'aimerais retourner aux Açores. Qui sait, la prochaine fois, ce sera peut-être en bateau en rentrant des Antilles ...

* Reportage "commandé" dans la glisse, ça veut dire que tu soumets ton idée à la rédaction du mag, ils te donnent leur avis et ensuite tu pars là bas en tachant de scorer de bonnes photos. Chaque trip est un pari, tu peux gagner et rentrer confortablement dans tes frais, mais aussi perdre...

Vous pouvez lire la petite histoire de ce trip à l'adresse suivante :Windsurf aux Açores - L'île des vautours
texte & photos : kristen pelou

Une dernière ligne pour la route, les lecteurs germanophones peuvent télécharger un pdf de ce trip sur 5 pages en suivant le lien suivant : Voyage aux Açores

15 mai 2008

Carnets de voyages - les trips en ligne

Bonjour à tous, après quelques jours d'absences me voici de retour. Merci pour les quelques messages sur les posts précedents, j'ai remarqué que dès que ça parle pognon, tout de suite, il y a du monde :-)

Je suis en train de mettre en page puis en ligne une partie des articles écrits ces dernières années pour la presse spécialisée, ce une petite histoire sur le trip en lui même, les spots, un road book compilant les info pratiques. J'ai souvent fait les photos et écrit le petit article qui va avec. Parfois un journaliste ou un rider motivé se chargeait de ce morceau souvent fort long à rédiger. Il y a encore au moins une grosse dizaine de destinations et sujets à mettre en ligne, sans compter ceux qui n'ont pas encore été publiés.

Je calerai quelques extraits de ces trips sur le blog prochainement pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens. Et en passant, pardon pour les gros © au milieu des photos mais je retrouve très régulièrement mes images sur des sites pro et personne ne me demande mon avis. Une fois, j'ai même retrouvé un article complet pompé mot pour mot sur mon site et sans référence ni lien vers ce dernier... Ca n'arrêtera sans doute jamais les gens très motivés mais le gros filigrane en décourage certains, je l'espère en tout cas.

Voici une petite liste de ce qui est en ligne pour le moment :

Ca m'a pris un temps fou et cette liste me paraît minuscule. Bon je m'y recolle.

06 mai 2008

Banques d'images et microstocks

Le rêve de tout photographe, voir son nom dans la liste des auteurs distribués par une grande agence, avoir ses images disponibles dans le monde entier, publiées dans les grands magazines, faire des campagnes de pub.
Au petit matin, la réalité est plus sévère, difficile de percer dans le métier, les clients ne se bousculent pas au portillons, les places sont chères et le turn-over plutôt lent, les anciens ne lâchent pas leur place facilement !
D'où, se diront certains, l'intérêt de s'inscrire sur les sites web diffusant des images en libre de droit à pas cher (inutile de citer les noms, ils n'ont pas besoin de pub).

Vous trouviez les tarifs proposés par ce magazine - voir sujet posté en janvier dernier - trop bas ? Jetez un oeil sur ceux proposés par les "agences" microstocks. Mon point de vue la dessus : c'est du foutage de gueule, j'en ai les poils qui se hérissent ! Ca rapporte sans doute énormément de tunes à son propriétaire mais pas à vous, arrêtez de rêver debout.

Savoir que ses images ont été téléchargées en Allemagne, en Tchétchénie, au Brésil, l'égo de certains s'en verra certainement réhaussé. Dans le porte monnaie, les piécettes s'entassent : quelques dizaines de centimes, parfois une poignée d'euros pour un usage libre de droit pour l'heureux acheteur (contraire, il me semble, à la réglementation français sur le droit d'auteur). Génial, mon business décolle ! En attendant, sans doute plongés dans leur insondable égoïsme, les utilisateurs de ces sites coupent la branche sur laquelle ils aimeraient s'asseoir. En continuant ainsi, ils ne pourront JAMAIS vivre de ce métier.
Sur certains forums, les discussions sur les pour et contre de ces sites font des dizaines de pages. Je ne m'étendrais donc pas.

Sachez cependant qu'en vendant les droits des images pour un usage limité - par exemple 1 pub, publiée 1 fois dans 1 mag, vous pouvez toucher dans les 500€ pour une petite marque et un petit magazine. Et il faut en vendre un sacré paquet à ce prix là ne serait-ce que pour compenser les frais liés au métier (matos, déplacements, assurance)...

Je préfère donc, de mon coté, voir mes images moins diffusées et ne pas céder sur mes droits et encaisser la totalité des droits d'auteurs. Par ailleurs, avoir le contact direct avec les clients permet d'être à jour sur les besoins , l'actualité, les tendances, un peu de relations humaines, ça ne fait pas de mal non plus. J'ai déjà eu des images dans une vraie banque d'images (avec des vrais gens avec qui on discute en vrai), cela m'a permis de réaliser quelques très belles ventes (dont une à 10 000€ HT partagée à 50-50 avec l'agence) mais c'est rare !

J'ai lu un petit sujet à propos de ce type d'"agence" sur ce blog, une lecture interessante.