06 mai 2008

Banques d'images et microstocks

Le rêve de tout photographe, voir son nom dans la liste des auteurs distribués par une grande agence, avoir ses images disponibles dans le monde entier, publiées dans les grands magazines, faire des campagnes de pub.
Au petit matin, la réalité est plus sévère, difficile de percer dans le métier, les clients ne se bousculent pas au portillons, les places sont chères et le turn-over plutôt lent, les anciens ne lâchent pas leur place facilement !
D'où, se diront certains, l'intérêt de s'inscrire sur les sites web diffusant des images en libre de droit à pas cher (inutile de citer les noms, ils n'ont pas besoin de pub).

Vous trouviez les tarifs proposés par ce magazine - voir sujet posté en janvier dernier - trop bas ? Jetez un oeil sur ceux proposés par les "agences" microstocks. Mon point de vue la dessus : c'est du foutage de gueule, j'en ai les poils qui se hérissent ! Ca rapporte sans doute énormément de tunes à son propriétaire mais pas à vous, arrêtez de rêver debout.

Savoir que ses images ont été téléchargées en Allemagne, en Tchétchénie, au Brésil, l'égo de certains s'en verra certainement réhaussé. Dans le porte monnaie, les piécettes s'entassent : quelques dizaines de centimes, parfois une poignée d'euros pour un usage libre de droit pour l'heureux acheteur (contraire, il me semble, à la réglementation français sur le droit d'auteur). Génial, mon business décolle ! En attendant, sans doute plongés dans leur insondable égoïsme, les utilisateurs de ces sites coupent la branche sur laquelle ils aimeraient s'asseoir. En continuant ainsi, ils ne pourront JAMAIS vivre de ce métier.
Sur certains forums, les discussions sur les pour et contre de ces sites font des dizaines de pages. Je ne m'étendrais donc pas.

Sachez cependant qu'en vendant les droits des images pour un usage limité - par exemple 1 pub, publiée 1 fois dans 1 mag, vous pouvez toucher dans les 500€ pour une petite marque et un petit magazine. Et il faut en vendre un sacré paquet à ce prix là ne serait-ce que pour compenser les frais liés au métier (matos, déplacements, assurance)...

Je préfère donc, de mon coté, voir mes images moins diffusées et ne pas céder sur mes droits et encaisser la totalité des droits d'auteurs. Par ailleurs, avoir le contact direct avec les clients permet d'être à jour sur les besoins , l'actualité, les tendances, un peu de relations humaines, ça ne fait pas de mal non plus. J'ai déjà eu des images dans une vraie banque d'images (avec des vrais gens avec qui on discute en vrai), cela m'a permis de réaliser quelques très belles ventes (dont une à 10 000€ HT partagée à 50-50 avec l'agence) mais c'est rare !

J'ai lu un petit sujet à propos de ce type d'"agence" sur ce blog, une lecture interessante.

4 commentaires:

tisto a dit…

C'est clair, autant se tirer une balle dans le pied que de tomber dans ce système de banque d'images bradées...

Pepe a dit…

je plussoie ... et on peut rien y faire ... c'est moche

Julien a dit…

Ouah 10 000 euros une cession de droit! Beau score! J'aimerais en faire autant. Sinon, clair que ces banques d'images à 1 euros sont une vrai plaie! Mais que faire pour les contrer?

Kristen Pelou a dit…

+ 1 pour pépé donc (je l'avoue, j'ai regardé sur le net ce que voulait dire "je plussoie")
Julien, oui, c'est un beau score pour une photo, c'est à cela que sert une agence, capter des clients difficilement accessible autrement. Pour les contrer, on est dans un monde libre mais tu peux toujours dire à tes potes, aux gens que tu connais susceptibles d'être tentés par l'aventure de dire de se respecter un peu.