03 décembre 2008

Prévisions de la fin de semaine

Le programme de cette fin de semaine, c'est en route pour la plage pour aller mater la grosse houle. On va tenter de se trouver un petit spot digne de ce nom à se caler sous la planche et sous l'objectif par la même occasion, à moins que cela ne soit dans l'autre sens (l'objectif avant la planche).
Vendredi, les sites de prévision utilisant le modèle Wave Watch 3 (WW3) annoncent plus de 9 mètres de houle de ouest nord-ouest avec une période de 14 secondes. Du charabia pour la plupart, ces chiffres laissent réveurs les surfeurs. Ils se demandent alors si ces spots magiques qui ne marchent qu'une fois par an vont fonctionner. J'en ai un petit sous le coude, si le vent ne tourne pas trop vite, il se pourrait que ça envoie le bois.
Regardez la carte ci dessous, le rouge, ça peut signifier du tout bon pour le surfing. Bonne fin de semaine, moi, je file !..

27 novembre 2008

Surfer Magazine - photo de l'année 2008

watershot blog - Scott Aichner photo of the year - SurferMag

Comment transformer une journée à la limite du surfable en studio et shooter la photo de l'année. La technique en quelques lignes par Scott Aichner, allez lire l'ITW dans Surfer Magaine en suivant le lien ici.
Puerto Escondido, un matin à l'aube, une journée pas terrible, les gars ont hésité à aller à l'eau car les vagues fermaient. Il se sont finalement décidés à y aller, pour nous ramener cette image.
Un "nice double-up closeout" est arrivé, dixit Robert Hennessy, le surfer photographié. Scott Aichner s'est mis en position, et boom, la photo de l'année pour Surfer Magazine. Encore une fois, une photo incroyablement forte et graphique, la croisement d'un bon coup de palme avec un positionnement osé produisent cet angle inédit, entre le marteau et l'enclume.

Comme on l'entend de temps en temps, photographier, c'est un peu tricher, jouer avec la magie d'un instant qui n'a existé qu'un cinq centième de seconde, un instant que personne n'a pas observer à l'oeil nu. L'extrême rapidité de la séquence a sans aucun doute jouée un role crucial dans la réalisation de cette image shootée en diapo. Que donnent les photos d'avant et d'après (il me semble avor lu que le photographe utilisait des boîtiers argentiques EOS 1NRS, 10 im/s avec un miroir fixe). L'absence de goutte sur la façade sous cette masse d'eau en mouvement est a elle seule un exploit.
Pour résumer, cette photo est un coup de chance, mais un coup de chance qu'il a fallu provoquer. Et il faut bien avouer que certains photographes provoquent ces coups de chance beaucoup plus souvent que d'autres ! Le talent peut-être ?

Les autres photos nominées de ce "2008 SURFER Poll Photo of the Year" sont visibles ici

Le Polaroid est mort, vive Poladroid ...



Le 8 fév dernier, la société Polaroid annonçait l'arrêt de la fabrication des films instantanés qui ont fait sa popularité. Je vous rassure, la socitété n'est pas morte, simplement le support. Vous pouvez d'ailleurs aller voir leur site pour découvrir les nouveaux produits (digital) ou commander des lots de films, il devrait en rester jusqu'à fin 2009, la production n'étant pas encore terminée.
Pour les nostalgiques du Pola passés aujourd'hui au digital, le site Poladroid.net vient de pondre une petite application (Mac & PC) qui transforme vos photos en polaroid avec le contour jauni, les petits motifs, le vignétage et tout et tout. On a en prime le bruit de l'appareil et l'attente avec l'image qui apparaît lentement. On lance l'application pour 10 photos, il faut ensuite changer le film en relançant l'application. L'effet ne sera pas excellent avec toutes les images, j'ai fait quelques test, mais l'idée est marrante. Il ne reste plus qu'à trouver le papier pour imprimer soi même ses images.

25 novembre 2008

Cost of Doing Business

image de Macao, Kristen Pelou
Vous souhaitez vous lancer, devenir photographe, que cette activité vous permette de vivre, de continuer à surfer et voyager, mais, avant de vous lancer, un truc important à connaître c'est : combien cela coûte t-il d'être photographe ?
C'est ce que les anglo-saxons appellent le "Cost of Doing Business" (allez visiter ce site), un truc très terre à terre mais qui permet de mieux appréhender la réalité, au grand dam des rêveurs, j'en suis désolé !
C'est selon moi LA solution, ou en tout cas, la première étape car ensuite l'expérience aide pas mal, pour savoir comment ne pas sous estimer la valeur d'un travail et faire de votre activité de photographe une activité viable et durable.

J'ai un peu élargi le concept du "Cost of Doing Business" de façon à avoir une vision d'ensemble du sujet. Afin de savoir combien vous devrez rentrer d'argent, il faut connaître les dépenses et ensuite rééquilibrer avec les recettes.
- Vous chiffrez ce que vous coûteras votre activité de photographe (ce qu'il faut immancablement payer avant de vous payer).
- Vous chiffrez ce que vous avez besoin dans votre vie personnelle (= le salaire minimal que vous devrez vous verser)
-Vous additionnez ces deux premiers chiffres. Pour équilibrer la balance budgétaire, vous devrez estimez vos futures rentrées d'argent et donc, par conséquence, le montant à facturer pour votre travail ...

1er point : votre vie personnelle. Quelle quantité d'argent devez vous sortir chaque mois pour manger, communiquer, vivre. J'ai inversé les deux premiers point car celui ci, vous êtes déjà censé le connaître même grossièrement.

Sans vous voiler la face, estimez vos dépenses mensuelles perso :
- Loyer
- Bouffe
- Communication (abonnements téléphone portable, internet)
- Loisirs (sorties, surf ...)
- Habillement
- Voiture (entretient et essence pour pouvoir aller surfer par exemple)
- Assurances personnelles (voiture, habitation, santé)
- Charges (électricité, eau, gaz)
- Impôts locaux, fonciers, redevance TV, etc ...
- Divers (vacances, cadeaux noël, anniversaires, frais médicaux ...)
- Epargne

Ca donne une base pour estimer le "salaire" minimal qu'il faudrait vous verser chaque mois pour payer votre consommation actuelle.

2em point : la vie professionnelle. Quelle quantité d'argent devez vous sortir chaque mois pour exercer votre activité de photographe. Pour faire simple, mettons que vous ayez déjà investi dans le matos informatique, un parc d'objectif et de boîtiers nécessaires au démarrage de votre activité.

Estimez vos dépenses mensuelles pro en tentant de penser à tout (voici une liste qui est loin d'être exhaustive):
- Voiture (entretient, essence, assurance ...)
- Voyages (déplacements, billets d'avion, vie sur place pour réaliser des photos)
- Matos photo (remplacement boîtiers tous les 3 ans env., achat 1 ou 2 objectifs par an, trépied et sacs pour 3 ans)
- Matos informatique et logiciels (un portable et un ordi de bureau tous les 3 ans, un écran, une imprimante tous les 3 ans, nouveaux logiciels, mises à jour ...)
- Communication (téléphone, internet, création site internet, hébergement du site, carte de visite ...)
- Assurance pro (responsabilité pro, matos, santé, locaux de travail ...)
- Frais de studio
- Location de matériel (pour un usage unique ou avant de l'acheter par exemple)
- Coûts de formation, stages (informatique, logiciels, techniques photos ...)
- Petit matériel (carte mémoire, filtres, disques durs de sauvegarde)
- Consommable (encre imprimante, feuilles, stylos, timbres, enveloppes, CD, DVD ...)
- Divers (frais bancaires, abonnements magazines, livres, visites d'expo ...)
- Charges (selon le status choisi : retraite, AGESSA, URSAFF ...)
- Imprévu (prévoyez une réserve pour envisager les imprévus)
- Fond de roulement (avoir de la trésorerie pour pouvoir avancer les frais avant d'être payé)
- Votre salaire (calculé préalablement)
- Bénéfices ?

Notez que certaines dépenses professionnelles peuvent venir en doublon de dépenses personnelles (voiture, loyer, téléphone, internet.) Une partie des dépenses pourront passer en dépenses professionnelles au prorata de l'utilisation.

Il reste maintenant à équilibrer ces dépenses par les recettes.

Pour estimer des tarifs, vous trouverez sur le site de l'Union des Photographes Créateurs (UPC) un Barème Officiel des Oeuvres de Commande en Publicité accompagné d'exemples d'utilisation ainsi que de pas mal d'informations sur la profession. Ces barème sont, comme leur nom l'indique, officiels, c'est à dire qu'il ont été publiés au Journal Officiel (2 mai 1987 (page 4874)) leur application est obligatoire pour les oeuvres de commande. Une page en lien donne de plus amples explications sur la façon d'utiliser ces barèmes, vous le verrez, la marge de manoeuvre tarifaire est large avec ce système de point qui peuvent valoir autant d'euros que vous le voulez... Je recommande également la lecture de la Charte de Déontologie.

Attention, il y a une différence de tarif entre un boulot commandé qui correspond à une rémunération sûre et ferme et dont les frais sont généralement payés et un boulot que l'on fait soi même et que l'on souhaite revendre par la suite. Le lien donné ci-dessus correspond au premier des deux cas, la rémunération en droits d'auteur d'un travail de commande (rémunération proportionnelle à l'usage qui sera fait de vos images) et auquel vous ajoutez vos honoraires.
Dans le second cas, un travail que vous faites dans votre coin dans l'espoir de le revendre, le système de rémunération suit le même principe, c'est à dire que vous serez payé en droits d'auteur, proportionnellement à l'usage qui sera fait de votre photo. Mais, comme vous avez vous même investi (en temps, en argent, en moyens) pour réaliser ces images, vous devez vous faire rémunérer plus cher pour compenser cet investissement.
Des photos de commande et des photos de stock ne se monnaient donc pas aux même tarifs même si vous pouvez toujours vous inspirer des barèmes en les doublant ou triplant, selon les coûts liés à la production, au stockage, au "légendage" de vos images.
Il n'est pas exemple pas choquant de vendre 600 € les droits d'utilisation d'une série d'images commandées par un client pour illustrer un site web non commercial et vendre par ailleurs, à un autre client mais pour un usage plus large, les droits d'une image de stock pour plusieurs milliers d'euros.

Dans l'estimation de vos tarifs, n'oubliez pas de prendre en compte toutes ces journées où vous cherchez de nouvelles techniques, où vous vous informez sur votre travail, le travail des autres, où vous vous formez vous même sur du nouveau matériel, un nouveau logiciel pour être plus performant.
N'oubliez pas non plus que pour un photographe de surf par exemple, les bonnes journées sont rares, qu'en raison de la météo, vous ne travaillerez pas tous les jours (même sur les meilleurs spots du monde).
Pensez aussi qu'une journée de prise de vue est généralement suivie d'une journée si ce n'est d'une semaine de boulot de classement, retouche, calibrage, livraison ...
Toutes les pertes de temps, tous les imprévus, il faut inévitablement les estimer pour les comptabiliser quelque part.

Cette technique du "Cost of Doing Business" s'appliquera chaque fois que l'on vous commandera des photos, un reportage, ou que l'on vous demandera un devis pour la production d'images ou l'usage d'une image de votre photothèque : avant de donner un prix, vous devez connaître les coûts engendrés par la production sous peine de vous tromper. Et se tromper sur la durée signifie ne plus pouvoir réinvestir par la suite dans du nouveau matériel ou financer des déplacements car le Livret A légué par mamie aura fondu. Pensez aussi qu'en faisant des prix irréalistes, vous vous mettrez dans la merde mais vous aurez également énormément de mal à augmenter vos tarifs par la suite, vos clients ne comprendraient pas, ils pensaient avoir affaire à un pro, pas à un rigolo. Sans parler du fait que vous ferez passer vos collègues pour des escrocs !
Il faut donc penser à tout. Un copain qui fait de la vidéo facture par exemple une partie tournage dans laquelle il ajoute la location du matériel vidéo dont il est propriétaire (certains photographes le font aussi). Dans la partie montage, il facture le temps passé ainsi que l'usage des logiciels et de la machine de travail. J'ai trouvé la technique intéressante car pour un montant identique, le client voit où part son argent.

En faisant ces petits calculs, vous comprendrez peut être la remarque d'un collègue photographe Vendéen qui vient de publier ses premiers reportages dans Surf Session : "En fait, on perd de l'argent à faire des trips ..." Pour tout vous avouer, je n'ai pas fait ce calcul avant l'an dernier, et j'ai peut être bien fait car j'aurais sans doute eu des nuits difficiles. Aller, trêve de blabla, à vos calculettes et soyez pas trop optimistes sur les dépenses !

Légendes des photos
- photo 1 : image prise au hazard d'une balade dans un centre commercial de Macao. Elle résume assez bien l'esprit course aux $$ qui règne dans ce coin du globe.
- photo 2: copie d'écran durant une journée compta, un mal nécessaire.

24 novembre 2008

Périple en Guadeloupe

photo de guedeloupe, Kristen Pelousurf à l'Abattoir en Guadeloupe, Tainos, Olivié Lafleur par Kristen Pelou
Comme je vous le disais dans un message publié dans un des posts précédents (ici), je rentre d'un petit périple en Guadeloupe. Pour résumer l'affaire on pourrait dire : "on a failli scorer !". Nous n'avons eu qu'une seule belle mais petite houle de nord qui a permis à quelques spots alléchants comme l'Abattoir de fonctionner en tout début de séjour. Deux jours de jolies vagues avec toujours moins de 7 personnes à l'eau alors que près de 350 compétiteurs et accompagnateurs étaient venus visiter l'île à l'occasion des Championnats de France de surf. Où étaient ils partis surfer, allez comprendre !
Moi, je ne me suis pas trop laché quetion photo sur ces deux courtes journée à l'Abattoir et pour cause, à l'issu de ces championnats, nous devions partir en boat trip avec quelques riders. Le problème c'est que rien d'exceptionnel n'était en vue coté météo (houle d'est, vent d'est, rien de bien fou), et ça tombait plutôt bien car du coté du bateau (c'est mieux pour faire un boat trip, un bateau), les choses ne se sont pas ficelées au top non plus. Mieux vaut avoir un moteur d'une fiabilité exemplaire pour négocier l'entrée des passes sans grosse suée, le notre fumait un peu trop pour instaurer la confiance dans l'équipe. Ce qui ne nous a pas empêché de nous promener, un peu et à la voile, en voiture, et même à pied. Mais c'est ça aussi l'aventure, une petite dose d'imprévu pimente le voyage. Ca m'a permis d'aller me balader sur l'île et de fuir l'enfer des embouteillages de la Grande Terre. Special thanks à l'ami Olivié (dans le tube ci-dessus) du crew Taïnos, la marque de sape de Guadeloupe, pour l'accueil dans sa jolie demeure des montagnes. Les bains dans la chute d'eau au milieu de la jungle me manquent déjà.


Surfing - Guadeloupe - Images by Kristen Pelou

Légendes des photos
- photo 1 : cocotiers en berne sur les pentes de la Soufrière en Guadeloupe.
- photo 2 : Olivié Lafleur maximise sa protection solaire sous la lèvre de l'Abattoir, Grande Terre, Guadeloupe. Il semblerait que le nom du spot suffit à lui seul pour éloigner la foule. Attention à la chute, ça pique ...

Liens auxquels ce post fait référence : photos de Guadeloupe (stock), photos de surf en Guadeloupe (stock), trip en Guadeloupe (galerie photos)

15 octobre 2008

Quelques blogs en passant

Je viens d'ajouter une petite liste de blogs (située vers le bas de la colonne de gauche. Je lis certains régulièrement, d'autres sont animés par des visiteurs réguliers de ce site. Ils se classent automatiquement dans l'ordre des plus récentes mises à jours, si vous souhaitez que j'y ajoute le votre, faites passer l'adresse...

14 octobre 2008

Photographe ou photogeek

Avez vous assisté à l'énorme buzz autour du nouveau Eos 5D de Canon. Des mecs ont passé des mois à se demander quel nom il allait porter (3D, 7D, 5DMarkII) quel résolution il allait avoir (16Mp, 24 ), s'il sera meilleur que le Nikon, s'il fera la vaisselle et pourra recevoir les mails. Canon, la technique commence à être rodée, a laissé filtrer de vraies fausses informations, régulièrement pendant pratiquement 1 an. Et à chaque news, les bloggers et autres rois des forums se mettaient à baver (pour ne pas être plus vulgaire !) en imaginant le futur animal. Fin septembre, les caractéristiques de l'engin ont enfin été dévoilées (voir ici), il a l'air pas mal du tout, le problème c'est que les gars ont tellement fantasmé sur l'engin idéal qu'ils sont déçus des caractéristiques du nouveau boîtier.
Au temps de l'argentique, le bon vieux temps pour les dinosaures (une espèce presque éteinte), les boîtiers changeaient tous les 5-6 ans, les plus chers coûtaient environs 3000€ et pour être réducteur, ils avaient l'avantage d'être plus costauds et d'enrouler le film plus vite que les autres. Les EOS1 ou 3 et autre F5 étaient des bestiaux increvables. Aujourd'hui la technologie fait de grands pas en avant chaque mois ou presque et les gammes de boîtiers sont changées, non plus tous les 6 ans, mais tous les 2 ou 3 ans au maximum. Ce n'est plus seulement la vitesse, le viseurs, l'autofocus qui changent mais la qualité même de l'image, par le biais de la résolution du capteur, de sa dynamique, de la qualité du rendu des couleur, l'électronique embarquée, etc... N'imaginez pas revendre à bon prix votre "vieux" boîtier, il est dépassé (c'est en tout cas ce que veux faire croire le fabriquant). Coté logiciels, c'est la même popote, Adobe sort un Photoshop par an, Lightroom, DxO, Aperture, iView devenu Expression Media depuis qu'il a été racheté par Microsoft.

Le photographe des années 2000 se doit donc d'être à la pointe de la technique s'il veut être compétitif, il doit acheter ci, faire ça, par exemple ce nouveau Canon à 21 million de pixels. Avec 12 milions, le format natif d'un capteur permet déjà de faire des doubles pages sans avoir à interpoler, en tirant un peu sur les fichiers, les tirages de 100x150 cm sortent parfaitement. Les magazines vont-ils devoir augmenter la taille de leurs pages pour pouvoir faire rentrer les images du 5DmkII ?
En l'an 2000, les photographes ne font plus que des séquences et choisissent ensuite la bonne photo. Une anecdote au passage, pour une régate, j'ai embarqué aux cotés d'une "photographe" de Ouest France. Elle faisait des séquences de tout et de rien, elle trierait plus tard. En rentrant au port, elle a fait une séquence des petites maisons et du clocher de l'église. Avant de rentrer à la rédac, elle devait aller photographier les chalutiers au port, car au cas où l'un d'eux ferait naufrage durant l'hiver, ils auraient la photo en stock nous a t-elle dit (elle n'a pas précisé si elle expliquait aux pêcheurs pourquoi elle prenait les bateaux en photo) ... Une info pour les fans de séquence, le nouveau Canon filme en full HD, vous pouvez aussi acheter une camera Red qui shoote 30 im/s en 12Mpixels.
De nos jours, quand on va sur un forum de photographie, les mecs parlent de résolution, de bits, de filtres passe bas, d'équations complexes pour expliquer pourquoi un full frame donne un flou plus joli à pleine ouverture qu'un petit capteur, passent des semaines à comparer la qualité d'images de tel et tel boîtier.
Les photographes sont devenus des geeks, à l'image de ces informaticiens qui chopaient jamais une meuf dans les films et séries de ma jeunesse. Comme l'a fait remarquer le photographe de voile Thierry Seray il y a quelques temps sur Tendance Bleue, les photographes ne seraient ils pas devenus les marionnettes des directeurs marketing ? Il semblerait qu'avoir un boitier récent et en parler soit aujourd'hui devenu plus important que de shooter de belles images ...
De mon coté, à partir du moment où mon matos m'apporte une excellente qualité d'image et des clients satisfaits, je suis heureux. Pour répondre à la question d'un lecteur posé avant l'été, j'utilise un caisson Aquatech, j'en suis très content, en revanche, son poids est un handicap sérieux quand on reste longtemps à l'eau, sans parler du poids des bagages dans l'avion.
Aller, il est temps de lâchez cet écran d'ordinateur, je vous laisse avec une petite image de lignes de houle jusqu'à l'horizon. Je l'ai prise avant de courir comme un dingue, la planche sous le bras, pour voir ce qui se trouve en bas de la falaise.

09 octobre 2008

"Nous pourrions envisager par la suite de collaborer ..."

Dromadaires au Maroc, photo Kristen Pelou
C'est des petites phrases comme ça qui font plaisir à lire, le matin.
Un mec m'envoie un mail, bien dans le sens du poil. "J'aime votre travail, belles photos ..."
Il me dit ensuite qu'il veut faire un magazine orienté voyages mais qu'il n'a pas encore d'argent pour les photos. Le deal est simple : si je collabore gratuitement au n°1 en filant quelques photos, "nous pourrions envisager par la suite de collaborer avec vous". C'est la phrase choc, elle me fait penser à un sketche de Coluche quand il lit le journal : "dans les milieu autorisés, on s'autorise à penser ..."
"Nous pourrions envisager" : corrigez moi si je me trompe mais l'usage du conditionnel indique qu'il s'agit d'une possibilité, une hypothèse. Il rajoute ensuite, "envisager", qui rajoute une couche de doute sur cette éventuelle collaboration.
La démarche est classique bien qu'un peu maladroite mais je suis plutôt quelqu'un d'ouvert à la discussion. J'ai donc, comme d'habitude, répondu positivement, à condition que le monsieur me file un coup de main pour monter un trip. Il veut éditer un mag de voyage, ça ne se fait pas sans contact ! Je propose donc un simple échange de bons procédés qui rendrait le deal plus équitable, pourquoi le photographe serait-il le seul à donner. J'ai mis une couche de conditionnel moi aussi dans mon mail, j'attends la réponse !
Je reçois ce type de mail plusieurs fois par an, j'imagine que je ne suis pas le seul.

07 octobre 2008

Le choc des photos

Les diaporamas de Libé ou du Figaro, c'était déjà joli mais depuis quelques temps, les journaux américains passent au grand format, au plein écran. Allez jeter un coup d'oeil, les photos de nos canards frenchies vous sembleront bien riquiqui.

Mon préféré, le Boston Globe propose sur son site The Big Picture, des sujets d'actualité, des reportages complets, traités en grand format. Aucuns gros © ne viennent ruiner ces séries d'images souvent très belles. Un bref texte introduit le sujet, les photos et leurs légendes racontent la suite de l'histoire. Allez voir cette série d'images de Rio montrant les oeuvres que le photographe artiste JR a collé sur les baraques d'une favéla, un boulot impressionnant.
Le Wall Street Journal propose aussi du plein écran pour son photojournal intitulé "pictures of the day", le diaporama journalier. Là aussi, les images sont peu compressées et de grande qualité.
En un peu plus petit mais avec la voix du photographe qui parle de son travail chez le New York Time et son "Photographer's Journal" mais sur des sujets plus ricains comme suivre la campagne d'Obama ou de McCain ou les nageurs des JO de Pékin (suivez les liens)

Vous voulez les même en surf, les portfolio des plus grands noms avec leurs commentaires, allez jeter un oeil sur le site Surfline : allez dans Photos puis dans Portfolio Series où vous cliquez sur le nom du photographe. IL y a aussi pas mal d'autres galeries sur ce site, avec ou sans le son...

Coté surfing, les prévisions du WE en France : vent de secteur est, houle d'ouest 2m+ avec une période correcte... Je viens d'avoir un pote aux Antilles, chez eux aussi ça s'annonce pas mal. Si je chope de bons rouleaux, je vous tiens au jus.

08 septembre 2008

L'été, les vacances, la rentrée ...

Quel bonheur de se déconnecter un peu du web, vives les vacances. Près de deux mois sans news sur le blog, ça commençait à faire long mais je suis de retour avec de nouveaux posts en préparation. Bonne rentrée à tous.
En image jointe, les magnifiques visières fraichement ramenées de Shanghaï aux potes avec qui je partage mon bureau (le WiseLAB). Les mecs là bas, en Chine, les portent pour tout faire : du vélo, le jogging, de la mob éléctrique, la balade et même pour shooter des photos. Ca arrivera en France dans quelques années mais j'aurai été un précurseur :-)

02 juillet 2008

Le leash a t-il tué le surf ?

The leash Ruined Surfing, photographe de surf, photo de surf en Californie, Kristen Pelou En le rendant accessible au plus grand nombre, le fameux "fil à la patte" de Georges Hennebutte* aurait-il tué le surf ? Pour certains puristes ** , c'est une évidence comme le montre ce sticker collé sur une poubelle du spot de Malibu en Californie. Plus besoin d'être un nageur hors paire pour aller shooter des vagues au large puisqu'il suffit de tirer sur la laisse (le leash en english) pour voir revenir toutou ...
Le surfer avec un leash peut tomber sans avoir à se taper un 200m nages libre en se prennant des séries sur la gueule. Il conserve de l'huile de coude (et d'épaule) pour prendre plus de vagues et progresse plus vite. Avec le leash, on peut aussi surfer les petites criques et les spots truffés de rochers. Pour les connaisseurs, je suis certain que l'ambiance serait bien plus tranquille aux Roches Blanches en Bretagne sans ce fil à la patte. Du coup en effet, terminé le bon temps entre potes tatoués au peak, on se tape des blaireaux qui prennent plein de vagues et paniquent dès que le fil d'uréthane (la matière utilisée pour fabriqué le leash) casse.
Ce bout de plastique peut parfois représenter un danger. Ainsi, le père de Jack O'Neill (celui qui a officiellement inventé le leash aux US et déposé le brevet), Pat O'Neill (inventeur lui de la combine de surf), aurait ainsi perdu un oeil en se prenant un retour de planche en pleine face. On peut aussi rester accroché aux rochers ou au corail avec le leash, se faire saucissonner avec pendant un gros wipe out, la mort de certains big wave riders serait due au port du leash (collision avec la board sous l'eau entre autres explications), etc etc.
Quel que soit votre avis sur la question, il est indéniable que l'arrivée du leash a métamorphosé le surf et sans doute aidé à briser (avec l'argent, les compet, le star system et j'en passe) l'esprit communautaire qui devait régner sur les spots dans les années 1960-1970 comme ici à Malibu. Je n'ai pas étudié la question mais une vague de localisme aurait-elle suivie de quelques années l'arrivée du leash sur les spots ? Si vous avez votre idée, n'hésitez pas !

* - Georges Hennebutte a inventé le fil à la patte en 1958 sans déposer de brevet. Quelques 10 années plus tard, le leash est arrivé sur les spots californiens réinventé (mais avec brevet cette fois ci) par O'Neill, la boite de wetsuits de Santa Cruz.
** - Les puristes ne sont sans doute pas responsables de ce sticker, les puristes partent surfer ailleurs et sont généralement discrets, c'est peut-être juste du marketing, du bizbiz.

01 juillet 2008

Conditions moyennes, photos moyennes

Je ne sais pas pour vous mais pour moi, ce petit dicton est on en peut plus vrai ! Rien ne vaut les extrêmes, beaucoup de vent, beaucoup de vagues, beaucoup de soleil, ou alors le calme plat, le miroir, le lac. L'entre deux, le moyen, ne m'inspire pas. Je ne suis pas le seul, le public attend l'exceptionnel, comme par exemple la photo du phare des Poulains de Plisson que l'on voit sur les murs dans le monde entier. Le week end dernier, par exemple, je devais faire des images d'une régate de catamarans. Les prévisions n'annonçaient rien de bien dingue, elles se sont vérifiées. Vent faiblard entre 5 et 10 nds, clapot, temps nuageux. En résumé des conditions très moyennes et dans cette situation, comme chaque année, mon objectif était de pondre deux photos de chacun des trois premiers équipages en vue de réaliser des tirages dont je n'aurais pas trop honte lors de la remise des prix ... La pression était de mon coté , le résultat fut, moyen !
L'an dernier (voir le post ici), nous avions assisté à une journée d'exception avec des rafales à pratiquement 30 noeuds, les gars choisissaient le bon moment entre les rafales de vent pour abattre (descendre le vent) vers la bouée, cherchaient les zones les moins ventées du plan d'eau pour empanner. Suivre les catamarans avec ce vent et la mer qui va avec est un sport à part entière, pas mal de courbature dans les avants bras le lendemain. Comme après un bon squash, on découvre des muscles jusqu'alors inconnus ! Il fallait assurer de bonnes photos et garder son matos sain et sauf. Cette année, rien de tout ça ! Pas de panique sur le bateau, c'était glandouille en attendant que les bateaux arrivent à la bouée ? Notre pilote nous disait (au caméraman et à moi même) "ça va, il est cool votre métier, tranquille !". C'est vrai que c'est pas facile tous les jours !
Pas de bol Paul pour cette éditions 2008, on fera mieux l'an prochain, espérons le !
Image : Collés dans la pétole, les vainqueurs de l'éditions 2008, Yvan Bourgnon & Djamina Houdet, au passage d'une marque de parcourt à l'entrée du chenal de Saint Malo

25 juin 2008

Photographes surfers ou surfers photographes ?

Beaucoup de photographes de surf sont également des surfers. Pete Frieden suit le tour pro toute l'année avec sa grosse house de planches, Aichner était (il l'est sans doute encore) un bodyboarder chevronné, Chang, etc etc ... On est pas là pour faire un listing, ils surfent pratiquement tous !
Regardez maintenant cette photo publiée en couverture de Surfing Magazine daté de mars 2008. Je sais elle date un peu mais je viens de relire le mag il y a quelques heures. Si on ne fait pas gaffe, la photo ressemble à une image bien engagée d'un photographe bien engagé. Si on y regarde de plus près, on remarque que l'on ne voit en premier plan l'épaule, puis la tête de Ken "Skindog" Collins, qu'ensuite, la photo semble être prise de l'intérieur du tube et non depuis la paroi du tube. Le truc, car il y en a un, c'est que c'est le surfer lui même qui a shooté la photo. Il tient dans sa main levé derrière lui un caisson de plusieurs kilo , il se cale dans un gros tube et shoote, tout simplement...
Coté tube, vous avez sans doute déjà eu ce type de vision (en bien moins large pour moi) mais de là à se faire un take off les doigts de pieds agrippés à la wax dans un Puerto Escondido de 8 pieds, voir le mur lever, mettre en position le caisson dans la main avec le bon angle, garder l'équilibre, viser et shooter, il y a un monde. Je jette l'éponge au stade du take off, voir au stade de la mise à l'eau car 8 pieds du vainqueur du Billabong XXL Challenge 2007, ça doit pas faire 2m40 comme on les imagine.
Dans le magazine le gars (Skindog) raconte que l'idée lui est venu en discutant avec ses potes de Santa Cruz : "imagine choper une vague à Maverick avec un caisson étanche, la photo que tu pourrais ramener !". Quelques mois plus tard, il gagne le XXL challenge, tout le monde lui demande "alors comment c'était dans ce tube énorme ?". Là dessus, le mec dit à son sponsor qui veut le féliciter pour cette victoire : "achetez moi le top du top en appareil photo et en caisson étanche que je vous montre à quoi ça ressemble là dedans...". Banco, quelques temps plus tard, quatre planches défoncées, deux façades ruinées, le gars nous ramène ces images issus des premiers essais (la couverture du mag) ... Il reconnaît tout de même que c'est loin d'être facile "when I'm pulling in with that thing (15 pounds of bolts and fiberglass), it's not like I'm just admiring the view !". Quand il finit par tomber, il dit (approximativement) "je chope le caisson dans les bras et le serre sur la poitrine afin qu'il ne valdingue pas dans tous les sens. Un coup de ce truc sur la tête et tu es mort." Son compagnon d'aventure, Dave Wassel, avoue de son coté "it's the most dangerous thing I've done in my life." Comme pour les cascades de JackAss, n'essayez pas ça chez vous, ces gars sont des pro. Y sont forts ces ricains quand même, non ?
A Tahiti, Mc Kenna et l'équipe de riders Billa a également tenté le coup pour le poster de l'édition 2008 du 'CT local. Ils ont appelé ça la Teahupoo PokerCam. Vous pouvez mater quelques images ici. Les surfers étaient tirés par un jet, donc pas de take-off, mais c'était sur du reef et lors d'une houle de 10-12 pieds à Teahupoo. Chauds chauds les marrons.

21 juin 2008

Les moustiques ...

Comme souvent, ce petit post m'a été inspiré par ma revue de presse quotidienne. Amis surfers et photographes, lorsque vous êtes à l'eau, je suis certain que beaucoup ont déjà pensé à ce qui se cachait sous cette masse sombre et dense. Tout plein de bêtes bizarres et menaçantes, n'en doutez pas. Comme toute une très large génération, beaucoup ont été marqués par le premier blockbuster ricain, les "Dents de la Mer" de Steven Spielsberg (1975). L'aileron d'un requin est devenu synonyme de danger mortel pour le baigneur, plongeur... On a peur de ce que l'on ne connaît pas et on nous fait une petite piqûre de rappel de temps en temps avec un bon navet à la TV ou une news du journal sur une attaque quelque part dans le monde. Il m'est arrivé, comme a pratiquement chacun d'entre vous j'en suis sûr, quelques expériences (souvent fort ridicules ou frisant l'inavouables) dans le domaine.

Dans la digne lignée du "c'est pas la petite bête qui va manger la grosse ! ", il est clair qu'un film genre" La Vengeance du Moustique" ferait moins frémir que notre requin géant de "Jaws". Pourtant, savez vous que cette minuscule bestiole, en transmettant le palud (malaria), tue une personne toutes les 30 secondes ... On ne compte pas les autres maladies aussi potentiellement mortelles comme la fièvre jaune, la dengue et j'en passe. C'est vrai que ce n'est pas sanguinolent ou violent une attaque de moustique, c'est pas bon pour la télé, la femelle qui transmet le palud ne fait même pas de bruit (bzzzz, bzzzz, bzzzzz). Coté photo, regardez l'un des derniers numéro de VSD par exemple, on y voit une double page avec une jeune surfeuse qui s'est fait bouffer le bras et qui retourne à l'eau. Image forte, courage de la jeune fille, on a un truc à raconter qui va captiver le lecteur, le toucher. Dans les chaumière on a peur, on se dit, "faut les tuer tous ces requins", ou encore "va falloir trouver un camping avec piscine pour les gamins cet été en Vendée". Essayer de faire la même avec le moustique, il a même pas de dents ce blaireau! Statistiquement, le moustique est pourtant des milliers de fois plus dangereux que le requin ...

Partir en trip sous les tropiques, ça fait rêver tout le monde et les photographes les premiers. Mais, comme pour un tatouage tribal sur le biceps, même si ça fait baroudeur de revenir avec un petit palud, sachez que vous ne vous en débarrasserez pas facilement de la bestiole, avec en bonus quelques bonnes poussées de fièvre à vous faire regretter de pas avoir acheté un moustiquaire à 15€. Regardez les cartes ci-dessus (palud à g., denfue à d.), certaines des meilleures zones de surf sont touchées, Indo, Amérique Centrale... ! A ce propos, je me souviens d'un trip lu dans Surfer mag où Mark Richards, l'un des grands noms du surf OZ, partait pour la première fois en boat trip aux Mentawais. Les autrs riders racontaient que le gars flippait comme un dingue et se foutaient de sa gueule. Pour lui, il n'était pas question de mettre un pied sur la terre ferme, pas question de passer une seconde sans moustiquaire dès le couché de soleil, manches longues, chaussettes, pantalon dans la chaleur moite des tropiques ...
Tout ce long blabla pour dire que des chercheurs ont trouvé de nouvelles molécules bien plus efficaces que le DEET utilisé actuellement pour repousser les moustiques (voir article du Figaro ici). Donc d'ici 5 à 6 ans, on pourrait avoir un nouvel Insect Ecran ou un 5 sur 5 plus efficace pour glander sur la plage sous les sunlights des tropiques. Vous pouvez écouter quelques podcasts informatifs sur le paludisme en suivant ce lien


Crédits photos - image 1 (© Universal Studio 1975) - image 2 (©US Fed. Gov.) - image 3 (crédit non précisé par le journal mais j'aimerais pas être la main de droite !)

Promis, je retourne à des sujets photographico-surfistique très bientôt.

13 juin 2008

Banques d'images et microstocks - Act II

NOTE : la vidéo a été retirée de Daily Motion (droits d'auteurs ?), ce petit post a donc perdu son support. Néanmoins, le sujet mérite que l'on s'y interesse.

Je viens de mater cette petite vidéo d'un reportage intitulée "les Forçats du Cybermonde" de Jeudi Investigation (Canal +) diffusée sur Daily Motion. J'ai pioché la news sur Mac&Photo, et puisque l'on parlait de ce sujet il y a peu de temps (voir le post Banques d'images et microstock ci dessous.), je vous conseille vivement de la mater, histoire de frissonner un peu et surtout vous dissuader (et dissuader vos potes) de sombrer là dedans.

Je vous conseille vivement la seconde partie dont le début concerne encore les photographes. Un petit extrait de ce que raconte le bosse de la boîte pour expliquer son taf "Les photographes jouent sur le volume, c'est à dire qu'ils ne vendent plus une photo par mois à 500 €, ils vendent 1000 photos par mois à 2€, ce qui leur fait beaucoup plus d'argent ... ". Un simple calcul avec les chiffres donnés dans le reportage prouve le contraire.

80 000 photographes ont déposé leurs images.
10 000 à 20 000 photos vendues chaque jour. Prenons la moyenne, 15 000 / j
Petit calcul 15000 x 365 / 80 000 = 68 images par an et par photographe.
Lorsque le site vend une image 2 €, 1 € revient au photographe donc, en moyenne, ça fait 68 €/an et par photographe. Bien entendu, comme pour le salaire moyen des français, une poignée gagne beaucoup plus (ceux que l'on cite en exemple), l'immense majorité, un peu moins, selon le volume d'images en ligne.
Petit rappel, 68 €, c'est le prix d'1/4 de page publié dans un petit magazine pour 1 photo utilisée 1 fois !
Pour info, le site a fait 5 millions de C.A. l'an dernier, merci les photographes ! Et on presse les citrons, et on presse...

On passe chez les ricains et un petit sujet que j'avais lu sur le blog d'un photographe de Miami à propos de la loi qui pourrait passer prochainement là bas, le "Orphan Works Act".
En gros, et pour caricaturer un peu. Tout oeuvre dont on ne trouve pas l'auteur facilement pourrait être utilisée pour tout et n'importe quoi sans rien reverser à l'auteur, puisqu'on sait pas qui c'est ! Et oui, pas con ça, c'est l'industrie de l'édition qui fait du lobbying pour que ça passe et on comprend pourquoi ! Car là, c'est n'est pas les 1 € du site cité dans le reportage, c'est 0 € ...
Grâce à sa forte audience, le site Mac&Photo (encore lui !) a reçu pas mal d'info sur ce projet de loi et a permis la diffusion d'explications en français et en anglais... Foncez voir !

12 juin 2008

Tout nouveau tout chaud - Les dernières publications

Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Photographe de wind surf, trip aux Canaries, Kristen Pelou
Je viens de recevoir le .pdf du Trip Windsurf aux Canaries publié dans le mag allemand Surf. Ils ont fait 10 pages dessus, ça fait du bien de voir que le travail fait à la sueur de son front a bien plu. D'ailleurs ce que j'apprécie dans ce mag, c'est qu'ils font la part belle aux ambiances. Par exemple, ils publient la première double page et la page suivante avec des photos plein format sans action. Un bon sunset sur le volcan et un 4x4 dans la boue, ça vaut bien un gros off the lip qui pourrait être fait sur n'importe quelle vague du monde. Ca me rappelle un vieux Transworld Surf, il y avait plusieurs trips en Amérique Centrale dans le mag mais entre les gros moves cadrés au 600mm, les barrels shootés dans le tube et des portraits de pro ricains faisant les débiles, on ne voyait pas un morceaux de palmier... Ce trip est aussi sorti dans Planchemag en mars ou avril mais je n'ai pas scanné les pages du mag, donc vous ne verrez rien ici !


Photographe de surf, detroit de Gibraltar, couverture magazine Kristen Pelou
La couverture suivante est aussi issue d'une photo prise en marge d'un trip mais dans le sud Espagne cette fois. Il s'agit du Détroit de Gibraltar, symbole fort du clivage entre l'Europe et l'Afrique. L'image a été choisie par l'Association France Terre d'Asile pour faire la couverture de leur revue semestrielle. Depuis Tarifa, on voit les petites lumières sur la côte marocaine, certains mecs naviguent jusque de l'autre coté du détroit en planche à voile. Lorsque l'on va sur place, on se rend compte de cette proximité, de ce qu'elle peut représenter dans les yeux d'un gamin marocain. Aujourd'hui, le passage par le détroit est pratiquement impossible, trop contrôlé, les candidats à la migrations embarquent donc à 50 dans une pirogue de pêcheur à Saint Louis du Sénégal, direction (dans leurs rêves) les Canaries. Et hop, je retombe sur mes pattes, on rejoint le premier trip !

11 juin 2008

Book 2008

J'ai trié des photos, je le disais dans le post précédent, j'en ai ainsi sélectionné une petite série pour faire mon book qui présente, de façon pertinente je l'espère, les différentes facettes de mon travail. Etant donné que le but d'un book c'est de le montrer, les commentaires sont les bienvenus. Un fichier .pdf est téléchargeable ici.