31 mai 2007

Comment devient-on photographe de surf ?

photo objectif Canon 400 mm f2.8photo objectif Canon 300 mm f4photo objectif Canon 70-200mm f2.8photo objectif Canon 100-400mm f4-5.6photo objectif Canon 28-70mm f2.8photo objectif Canon 17-40mm f4 photo objectif fisheye Canon 15mm f2.8

Il semblerait qu'un bon nombre de visiteurs de ce blog soit à la recherches d'info sur la façon de devenir photographe de surf. Quitte à répondre à chacun de vos emails, autant faire une réponse commune, c'est d'ailleurs un peu la raison de vivre de ce blog...
Il y a tout d'abord la question du matos, quel objectif, quel boîtier ? Un post aborde la question pour les débutants ici. Comme je le disais précédemment, pour débuter, les packs proposés par les marques et composés d'un boîtier et d'un lot d'objectifs suffisent amplement. L'important c'est de faire vos premières photos, d'immortaliser les instants de surf, de voir si ça vous plait en dépensant un minimum.
Vous êtes devenus accros, la photo de surf vous botte, nous allons devoir parler argent puisqu'il va vous falloir acheter du matos à commencer par un zoom ou un téléobjectif fixe. L'idéal sera sans doute un 300mm fixe ouvert à f:4 que pratiquement toutes les marques ont au catalogue ou un zoom comme un 80-400 chez Nikon je crois ou un 100-400mm Canon. Ce genre de caillou vous coutera un minimum de 1000 à 1500 € pièce à ajouter aux 150 € du monopode pour éviter de toujours shooter à main levée.
Il faut bien se mettre en tête que du bon matos, ça rassure mais ça ne fait pas de bonnes photos tout seul. Ca peut aider parfois mais ce n'est en aucun cas LA solution. Le seul moyen c'est de shooter, shooter et encore shooter, se faire l'oeil, un style, pourquoi pas, avant de peut-être un jour vendre vos photos à un magazine.
Aujourd'hui, peu de bonne session de surf ne se passe sans qu'un ou deux photographes ne pointent leur nez. C'était mieux avant vous diront les anciens. Lorsque j'ai commencé à faire des piges pour TripSurf, la rédaction n'avait tout simplement pas de contact de photographe en Bretagne. Premier arrivé, premier servi, j'ai eu le plan sans même le chercher. Je faisais juste des photos de line up avant d'aller surfer avec mes potes, je m'en foutais, je voulais être océanographe à l'époque!... Imaginez ce que ça devait être à l'époque des débuts de Cazenave. En France, il était l'un des premiers, sinon le premier tout court ...
Aujourd'hui, avec le numérique, tout le monde est devenu photographe. Le probléme c'est que le besoin d'images, même s'il s'est développé, n'a pas explosé au point de fournir du travail à tous les "wanna be photographers". Il faut faire son trou, lentement, mais, espérons le, sûrement !
D'un autre coté, il faut bien avouer que le numérique a rendu les choses plus faciles à l'apprenti photographes. Il n'est plus nécessaire d'attendre le retour du labo pour avoir les résultats de tests, on perd une part de magie mais on y gagne en efficacité, on a le resultat en live. J'ai vu certains gaillards progresser à une vitesse fulgurante, progression qu'ils n'auraient à coup sûr pas obtenue à l'époque de l'argentique. L'investissement lourd en matériel est largement compensé par le fait qu'il n'y a plus de films et de developpement pro à payer, sérieuse économie.



Loin de moi l'idée de vous décourager mais il me semble indispensable de préciser quelques détails. Attention, la vérité fait mal mais vous ne pourez pas dire que vous ne saviez pas !

- Pour un photographe pro, le matos coûte une fortune, il faut le renouveler très souvent ou au moins être en mesure de le faire rapidement si vous noyez un boîtier ou un objectif au cours d'un reportage. On parlait téléobjectif tout à l'heure, la plupart des photographes pro de surf ne se contentent pas d'un 300mm f4, ils se baladent avec un 500 ou mieux, un 400 f2.8 ou un 600mm f4 (la bête fait + de 6kg) pour avoir de la marge ou être au plus près de l'action selon les spots. Images parfaitement piquées même à pleine ouverture, super flouté en fond, la qualité à un prix, les marques se gavent. Ajoutez y un ou deux bons boitiers (2000 € x2 au minimum), un fish-eye, un 16-35 f2.8 ou 17-40 f4, un 28-70mm f2.8, un 70-200mm f2.8, un flash, un trepied, un joli sac pour mettre tout ça, des piles, des cartes, un caisson étanche avec plein de façades et tout ce qui pourrait vous faire plaisir en plus comme des focales à portrait comme un 85 ou 135mm, un 50mm macro... Faites vos comptes, j'espère que vous avez un oncle fortuné en Amérique. A mes débuts, l'achat de matos digne de ce nom avait, englouti toutes mes économies, mes salaires de job d'été, de noël, d'anniversaire et j'en passe...

- Il y a déjà sur le marché un paquet de photographes de surf qui déchirent et qui surtout, ne sont en aucun cas prêt à vous céder leur place. Ils ont un gagne pain et la concurence n'est pas forcément bienvenue, il y en a déjà tellement. Rien qu'en France, prenez des Narbé, Cazenave, Gecko, Laurel, Poullenot, Masurel, Timo, Houyvet, Crouan, Mc Kenna, Robin, Chauché, Rabejac (...) ajoutez y quelques grands noms européens ou internationaux comme des Jones, Aichner, King, Davey, Divine, Morris, Servais, Pu'u, Callahan, Chang, Van Lennep et des centaines d'autres. Ils ont déjà tout le matos, le nom, les contacts avec les mags et les marques, vous avez tout intérêt à vous pointer avec de sacrés clichés si vous voulez impressioner une rédaction de mag.

- Vous avez investi plusieurs milliers d'euros dans votre matos. Personne n'est venu vous chercher mais un magazine, que vous harcelez depuis des mois, vous publie quelques photos. Arrive le jour du salaire, vous pleurez en regardant le montant des piges qu'on vous propose. Petit magazine, tirage faible, la plupart des revues de glisse paye aux alentours de 100€ la page (50 pour certains, 150 pour d'autres, c'est une fourchette). Rien que pour rembourser votre matos, il vous faut un minimum de 50 pages, vous payer un trip en Indo, au moins 10 pages, les Canaries, 5 pages la semaine, croisez les doigts pour qu'il y ait des vagues... Et avec ça vous n'avez pas payé le loyer, la bouffe, l'assurance et l'essence de la caisse, la retraite, le cadeau d'anniversaire pour votre miss ...

- Le comble du comble, vous êtes entrés dans la vraie vie et passez maintenant tellement de temps derrière vos appareils photos et votre ordi que vous n'avez plus le temps de surfer avec vos potes. De toute façon c'est devenu impossible depuis que vous vous êtes cassés le dos en courant entre deux avions avec votre 600 mm et vos MarkII.



Vous êtes encore là ? Rassurez vous, rien n'est perdu car même dans les branches réputées sur-saturées, il y en a toujours quelques-uns qui s'en sortent. Pour ceux là, les plus motivés, ceux qui souhaitent pouvoir vendre des images et pourquoi pas en vivre un jour, il vous faut une inscription au centre des impôts de votre domicile. Vous recevrez un numéro SIRET quinze jours plus tard qui vous permettra d'emettre des "notes de droits d'auteur". Je vous conseille également de contacter l'AGESSA , l'Association de Gestion de la Securité Sociale des Auteurs pour les cotisations obligatoires. Passez jeter un oeil sur leur site, vous y trouverez pas mal d'informations. Attention, le status de "photographe auteur" ne permet pas de faire tout type de photos, certains secteurs sont réservés aux "artisants photographes" mais c'est une autre histoire.

5 commentaires:

tistO a dit…

Nikel les infos Kristen. Tu devrais écrire un bouquin, t'écris bien, tu n'es pas encore trop déconnecté de tes débuts mais assez pour nous faire ressentir une certaine nostalgie.
Je commence légèrement à comprendre l'énorme investissement perso du travail de photographe sportif, le manque de stabilité, l'impossibilité de prévoir quoi que ce soit avec ses amis, sa famille, sa copine, son chat(heureusement ya la copine pour le gérer)... et franchement ça me motive encore 10 fois plus pour continuer ! (Je pense qu'il faut être un peu solitaire et égoiste au fond de soi pour devenir photographe)
Bonne continuation :)

Tout vient à point à qui sait SE BOUGER LE Q !

tistO a dit…

ps : "Le seul et unique fabriquant européen s'appelle Liquid Eye. Philippe Chevodian,..."
il est à Bali maintenant !

kristen pelou a dit…

Philippe est à Bali une partie de l'année seulement. Dans un email de la semaine derniere il me dit :"Je suis à Bali jusqu'au 23 juin, ensuite je serais en France pour tout l'été ".
Avis aux amateurs de caisson étanches...

tisto a dit…

Autant pour moi... en tout cas, il est très sympa ; j'attends impatiemment mon caisson...

julien a dit…

Toujours très intéressant tes articles, félicitations pour ce blog...